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Un dispositif de soutien inédit pour les étudiants en détresse psychique

Un dispositif de soutien inédit pour les étudiants en détresse psychique
Publié le 04/02/2021

Après un mois d’expérimentation, la Croix-Rouge de l’Hérault (34), le Crous de Montpellier-Occitanie et le Samu-centre 15 du centre hospitalier universitaire (CHU) de Montpellier mettent en place le dispositif d’urgence inédit DIRECT (Dispositif d'Intervention Rapide Étudiants Crous en situation de Tension psychique) pour aider les étudiants en situation de mal-être. Trois questions à Clément Marragou, président de la délégation territoriale de la Croix-Rouge de l’Hérault.


Quel est le constat qui vous a conduit à proposer ce nouveau dispositif ?

Isolement, précarité, désespoir, absence de perspectives… Au dernier trimestre 2020, quatre étudiants se sont suicidés sur un campus à Montpellier. Le contexte de crise est désormais bien connu, et le Crous de Montpellier Occitanie a pris la mesure de la situation en mettant en place un système « d’étudiants relais ». Ces étudiants effectuent une forme de veille et peuvent identifier des camarades en situation aigüe de mal-être. Quand c’est le cas, ils préviennent les services du Crous, qui n’avaient jusqu’ici que deux options : faire intervenir un médecin de garde ou inciter l’étudiant à se rendre au CHU pour une consultation aux urgences (ou chez un médecin de son choix). Cette alternative n’était pas satisfaisante puisque près de 70 % des étudiants, ne relevant pas d’une prise en charge médicale urgente, ne se rendaient pas en consultation… et repassaient alors « sous les radars », avec les risques que cela pouvait comporter. En partenariat avec le Crous et le Samu-Centre 15 du CHU de Montpellier, nous avons donc imaginé ce nouveau dispositif, qui permet aux intervenants de la Croix-Rouge de se rendre très rapidement au chevet des étudiants en situation de mal-être et de tension psychique, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.


Concrètement, comment fonctionne ce dispositif d’urgence ?

A n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, les services du Crous peuvent contacter le cadre d’astreinte de la Croix-Rouge, sur une ligne dédiée, pour une intervention auprès d’un étudiant. Nous nous engageons à être sur place en moins d’une heure avec, à bord du véhicules, trois bénévoles secouristes formés au soutien psychologique et un professionnel de santé. Une fois aux côtés de l’étudiant, l’équipe lui propose un entretien et un temps d’écoute directement sur site. Deux options sont ensuite possibles : maintien à domicile de l’étudiant, avec mise en place rapide d’un suivi psychologique par des structures partenaires, ou accompagnement de l’étudiant vers le service d’accueil des urgences pour une consultation et un entretien avec un professionnel de santé mentale. Dans tous les cas, nous prévenons la régulation du Samu 34 afin d'évoquer la suite de la prise en charge de l'étudiant. En outre, pour prendre la bonne décision, nous sommes bien sûr en capacité de réaliser un bilan précis, de noter les critères d’urgence psychiatrique, de faire le lien avec les éventuelles difficultés physiques (dénutrition, prise de toxiques, etc.).


Quels sont les points forts de la Croix-Rouge française pour un tel dispositif ?

Nos points forts, ce sont les compétences transversales de nos équipes : logistique, santé et gestion de l’urgence. Intervenir rapidement, avec les bonnes personnes (formées à la fois au secourisme et au soutien psychologique) et avec le matériel adéquat, est au cœur de nos missions. Dans ce dispositif, nos compétences viennent donc s’associer au travail de fond mené par les personnels du Crous et à l’expertise médicale du CHU de Montpellier. En un mois d’expérimentation, nous avons réalisé six interventions. Deux ont entrainé une hospitalisation immédiate. Trois étudiants se sont exprimés, nous ont écoutés et ont accepté de venir avec nous aux urgences, où ils ont démarré un parcours de soin. Enfin, un étudiant n’a pas eu besoin d’aller à l’hôpital mais nous avons mis en place un accompagnement et signalé sa situation au Samu. A chaque fois, le nouveau dispositif a montré sa pertinence, son efficacité et son utilité.

Propos recueillis par Anne-Lucie Acar