Le service civique, un levier d’intégration sociale, pour les jeunes réfugiés

Publié le 07/06/2019

La Croix-Rouge française soutient la mise en place du programme national Volont’R en permettant à de jeunes réfugiés de s’engager dans des missions de service civique au sein de ses structures bénévoles et salariées.

Volont’R : favoriser l’engagement citoyen de 500 jeunes réfugiés en France

Depuis 2010 et la création du service civique volontaire, le souci de mixité sociale a toujours été au cœur de la mise en œuvre et de la qualité de cette politique d’engagement et de jeunesse. Tout dans le service civique volontaire, concourt à mieux insérer les jeunes de 16 à 25 ans (jusqu’à 30 en situation de handicap) dans la vie sociale et professionnelle. C’est en effet une période d’engagement volontaire longue - de 6 à 9 mois -, substantielle - avec 24 heures par semaine -, moyennant une indemnité, garante de l’accès équitable pour tous à l’engagement altruiste et un tutorat pour accompagner les jeunes volontaires dans leur réflexion pour leur parcours de vie.

La loi Égalité & Citoyenneté promulguée en janvier 2017 a étendu l’accès au service civique volontaire pour les jeunes réfugiés statutaires et jeunes sous protection subsidiaire internationale, qui en étaient jusqu’alors exclus. Depuis la création de la Délégation interministérielle à l’accueil et à l’intégration des réfugiés (DIAIR), le service civique – et plus globalement l’engagement associatif – a été promu comme un moyen civique et citoyen de faciliter l’intégration sociale, culturelle, voire professionnelle des jeunes réfugiés dans leur nouvel environnement de vie.

Le programme « Volont’R », lancé en octobre 2018, porte cette conviction, puisqu’il a pour ambition de permettre à 500 jeunes réfugiés d’accéder au service civique en tant que volontaires en 2019, et de créer 2000 missions de service civique auprès des migrants et réfugiés, pour améliorer leur accueil et leur accompagnement dans leur vie en France.

Développer des missions pour mieux accompagner les personnes exilées et réfugiées

Ainsi, à la Croix-Rouge française, ce programme s’est traduit dans plusieurs structures, salariées et bénévoles, mettant à contribution plusieurs des savoir-faire de l’association, et débridant aussi la créativité des acteurs Croix-Rouge pour l’accès à la culture et aux loisirs des réfugiés.

Par exemple, à Orléans, ce sont les mineurs non-accompagnés qui sont accueillis tous les jours par 4 jeunes volontaires, Français et Britannique, dans un local dédié, avec une vestiboutique adaptée, un accueil café et un bureau de soutien aux démarches de santé et de scolarité, et chaque vendredi une activité sportive ou de loisirs. Bientôt, tous les mineurs non-accompagnés du Loiret qui le souhaitent seront sensibilisés aux gestes qui sauvent.

Dans le Finistère, les jeunes volontaires en service civique de Brest ont organisé plusieurs journées dans les centres d’accueil pour demandeurs d’asile du département pour proposer aux résidents des ateliers bricolage de meubles en palette (table basse, canapé, jardinière…) pour renforcer la cohésion et améliorer l’estime de soi des personnes accueillies.

Quelques premières missions de service civique ont aussi été élaborées pour permettre à des jeunes réfugiés eux-mêmes de s’engager pour les autres au sein de la Croix-Rouge. Ainsi, une jeune Afghane est actuellement en mission à la Permanence humanitaire de Roissy, pour organiser des activités auprès des enfants et des familles.

Les jeunes réfugiés, outre leur envie de s’engager et leur envie d’apprendre apportent également beaucoup aux équipes bénévoles, en partageant l’expertise née de leurs difficultés, comme Mujahed, jeune Syrien en mission pour le bureau de Rétablissement des liens familiaux de Lyon. C’est aussi l’opportunité pour un collectif de bénévoles de se donner ensemble la mission d’intégrer « dans la famille Croix-Rouge » des membres qui incarnent les valeurs d’universalité et d’humanité de l’association, comme à Bagneux, où les 130 bénévoles de l’unité locale accueillent depuis avril 2019 Niaz, un jeune Afghan en mission sur l’aide vestimentaire et sur la sensibilisation aux premiers secours.

L’objectif de la Croix-Rouge française est d’augmenter la quantité des missions dédiées à l’accueil et à l’intégration des personnes exilées et réfugiées, dans un souci de qualité et pour des missions qui soient de nature à contribuer à l’épanouissement des jeunes et à leur émancipation, avec un accompagnement à la hauteur de leur impressionnant parcours personnel.