Le phénomène est exceptionnel. Une partie du pays est noyée, des crues record sont enregistrées après une semaine d’intempéries. La Gironde, le Lot-et-Garonne, le Maine-et-Loire et la Charente-Maritime restent en vigilance rouge et l’arrivée de nouvelles pluies par l’ouest fait craindre le pire dans plusieurs départements. Pour nos équipes, mobilisées depuis plusieurs jours déjà, le mot d’ordre est simple : mettre à l’abri et accompagner les habitants, organiser les renforts et anticiper le nettoyage des maisons.

Si la Garonne, sortie de son lit entre le nord d’Agen et le sud de Bordeaux, a entamé « une très légère et lente décrue », il ne faut pas s’attendre à une accalmie de longue durée, avertissent les autorités locales. De nouveaux débordements sont à craindre dans les prochains jours, une nouvelle perturbation arrivant par la Bretagne va générer des précipitations intenses et des vents violents.

Alors que près de 1 600 personnes ont déjà été évacuées en Gironde et dans le Lot-et-Garonne, les opérations de mise à l’abri vont sans doute encore s’amplifier dans les heures qui viennent. C’est le cas dans la ville d’Aiguillon, par exemple, où un millier de personnes a dû quitter son logement. Une partie d’entre elles – 118 personnes au plus fort de la crise - a été accueillie dans notre Centre d’hébergement d’urgence (CHU), prêt à accueillir de nouveaux sinistrés car une nouvelle crue est attendue. Malgré la menace, des opérations de nettoyage battent leur plein, avec l’appui de nos volontaires et de nombreux bénévoles d’un jour.

Et lorsque les habitants s’accrochent à leur maison, parfois isolés, nos volontaires vont vers eux pour s’assurer qu’ils ne manquent de rien, distribuer de l’eau potable par exemple, quand elle n’est plus desservie. 4 équipes mobiles ont ainsi été constituées en Gironde et font le lien avec la population.

Depuis le début des intempéries, nos volontaires ont été sollicités dans 12 départements – 6 aujourd’hui encore – et 8 CHU ouverts au cours des jours précédents, dont 5 toujours en activité ce 17 février. Le dernier en date est celui de Saintes où nos volontaires ont participé aux évacuations des habitants en péril. Un centre d’accueil des impliqués est également en place et va couvrir toute l'intercommunalité. La Charente-Maritime est en effet placée en vigilance rouge désormais et donc placée sous haute surveillance, tout comme le département du Maine-et-Loire où l’on attend le pic des crues en fin de semaine. Sur place, nos équipes se tiennent prêtes à monter une structure d’hébergement elles aussi, le préfet ayant d’ores et déjà demandé aux habitants de plusieurs communes proches d'Angers d'évacuer leurs maisons.

Gérer l’urgence et déjà, penser l’après

9 autres départements sont par ailleurs placés en vigilance orange pour crues, avec des débordements importants en cours ou attendus dans les prochaines 24 heures. Face à une situation qui évolue d’heure en heure, nos équipes tentent d’anticiper au maximum les besoins et sollicitations des mairies et préfectures, en lien avec notre Centre opérationnel national (CO) qui coordonne les opérations sur tous les territoires touchés ou menacés par ces crues exceptionnelles.

Tout en répondant à l’urgence, il faut aussi s’assurer de tenir dans la durée. Le CO procède actuellement au recensement des effectifs humains et matériels sur les 10 prochains jours en vue d’éventuelles demandes de renforts à venir, principalement en faveur du Maine-et-Loire. Face à l’ampleur des dégâts et des besoins, la solidarité doit jouer à plein.

Et puis, on le sait, après la crue, viendra le temps du nettoyage des habitations. Nos volontaires sont déjà sur le pont pour les opérations « coup de main coup de cœur », essentielles pour les sinistrés souvent dépassés par l’ampleur de la tâche et démoralisés.

Photos de la Croix-Rouge du Lot-et-Garonne

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