La Croix-Rouge française a toujours su s’appuyer sur des célébrités pour susciter des dons ou défendre ses causes. De nombreuses stars ont ainsi prêté leur image à notre association. En cette Journée internationale des droits des femmes, nous sommes allés fouiller dans nos archives pour retrouver quelques-unes de nos ambassadrices emblématiques et remonter le fil jusqu’à aujourd’hui.

Henry Dunant le premier part en campagne à travers l’Europe pour défendre son idée de la future Croix-Rouge (1864). Il va au-devant des grands de ce monde, les mieux à même de promouvoir son projet. Il compte sur leur notoriété, leur influence et leurs réseaux. Cette logique n’a pas pris une ride ! Enfin, si, quand même, mais le procédé de communication est relativement identique. Toute publicité, surtout lorsqu’elle est portée par des personnalités connues et appréciées, est toujours bonne à prendre pour gagner le cœur des Français.

Parmi les noms illustres qui ont soutenu nos actions figurent de nombreuses femmes, ambassadrices ponctuelles ou véritablement engagées sur le terrain. La toute première dont on a retrouvé la trace n’est autre que George Sand (1804-1876). L’écrivaine adhère à la Société de secours aux blessés militaires (SSBM) dès 1865. Avouez que ça en jette !

Sa camarade, la tragédienne Sarah Bernhardt (1844-1923) suit le même chemin, quelques années plus tard, en 1871 - la Croix-Rouge française a alors 6 ans d’existence -, alors que Paris est prise d’assaut par les Prussiens. Le Théâtre de l’Odéon, où elle est à l’affiche de « L’Autre » (une pièce de George Sand), est réquisitionné aux premiers jours de janvier pour accueillir des dizaines de soldats blessés. Sarah Bernhardt et ses consoeurs artistes-infirmières s’affairent auprès d’eux. L’engagement de “la divine” se poursuivra durant la Première Guerre mondiale où elle n’hésitera pas à se rendre dans les tranchées pour soutenir le moral des poilus, en dépit de la tuberculose qui la ronge.

Parmi les autres personnalités engagées durant la Grande Guerre, citons l’infirmière et cantatrice Nelly Martyl (visuel affiche : elle chante pour les soldats au front). Elle arbore le brassard de la Croix-Rouge depuis la Mobilisation. A Verdun, elle s’illustre notamment en portant secours à des blessés. Elle parcourt les cantonnements, distribuant cigarettes et mots réconfortants.

Durant la Seconde Guerre mondiale, c’est la reine du music-hall, Josephine Baker, figure de la Résistance et de la lutte anti-raciste aux Etats-Unis, qui croise notre route. Elle s’engage, dès 1939, au sein de la section aviation. Sous l’uniforme des Infirmières-pilotes-parachutistes-secouristes de l'air (IPSA), elle prête sa voix lors de galas au bénéfice de la Croix-Rouge française..

Au XXème siècle, des people à nos côtés 

En novembre 1955, Grace de Monaco, alors présidente de la Croix-Rouge monégasque (visuel) nous fait l’honneur de visiter une de nos crèches à la Cité des fleurs à Paris. Si elle n’est pas à proprement parler une ambassadrice Croix-Rouge, sa présence contribue à nous mettre dans la lumière.  

Avec la popularisation du cinéma et de la télévision, des comédiennes, animatrices, chanteuses prêtent leur image à notre association. Là, on vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

Ainsi, Danièle Gilbert (visuel), qui débute sur le petit écran en 1964 en tant que speakerine puis comme animatrice, devient très populaire. En mai 1976, alors productrice de l’émission télévisée “Midi-Première” sur TF1, elle accepte de poser pour nos Journées nationales.

Un an plus tard, en février 1977, une autre star s’engage à nos côtés à l’occasion d’une réception à Château-Thierry, dans l’Aisne : la chanteuse Nicoletta. Elle était encore la marraine de la 11e édition du Gala de la Croix-Rouge à Antibes en septembre 2025.

Et puis, parfois, c’est pour des campagnes de collecte de fonds que nous faisons appel à des “vedettes”. Ainsi en février 1987, l’actrice Nastassja Kinsky, alors en pleine gloire, prête son image à la Croix-Rouge dans le cadre d’un partenariat avec Evian (visuel). 

D’autres personnalités suivront, à l’instar de l’accordéoniste Yvette Horner

Jusqu’au jour où…

Nous sommes en 2000. Un électrochoc se produit lorsque le mannequin Adriana Karembeu prête sa plastique à l’association pour le lancement d’une grande campagne audiovisuelle « Les gestes qui sauvent ». Non seulement cette campagne remporte un vif succès, mais c’est aussi et surtout le début d’une longue collaboration qui dure encore aujourd’hui. 

La même année, son diplôme de formatrice en poche, Adriana devient ambassadrice de l’association. Son engagement, vous le savez tous, ira bien au-delà de la simple représentation.

A l’ère des réseaux sociaux

Aujourd’hui, si Adriana reste notre seule et unique ambassadrice officielle, des collaborations plus ponctuelles irriguent nos campagnes et événements médiatiques, grâce aux réseaux sociaux qui ont ouvert de nouveaux champs. 

Ainsi, pour les Journées nationales de 2014, la chanteuse Selah Sue appelle à donner son “like” à notre page Facebook ; chaque like se transformant en don.

Plus récemment, en septembre 2025, trois influenceuses (@maoui2saintdenis , @rubipigeon et @zoehtq ) expertes de la seconde main contribuent à valoriser nos boutiques solidaires à l’occasion de notre campagne nationale spécial textile, “S’habiller bien”. 

A chaque époque ses idoles, donc. Mais toujours, des femmes dans l’air du temps, à qui nous rendons hommage en ce 8 mars, Journée internationale des droits des femmes.

Photo d'ouverture : "Portrait de Nelly Martyl en infirmière" de Scott George Bertin (C) Paris - Musée de l'Armée, Dist. GrandPalaisRmn / Emilie Cambier

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