Ce 8 juin 2026 a marqué le lancement officiel du projet e-santé très attendu en Bretagne : le déploiement de matériel multiparamétrique, autrement dit permettant de réaliser des électrocardiogrammes lors de nos missions de secours. L’équipe régionale Croix-Rouge s’est associée au Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Côtes-d’Armor pour acquérir une centaine d’appareils au total. Objectif : sauver encore plus de vies.

Les maladies cardiovasculaires constituent l’une des principales causes de mortalité en Bretagne, avec un taux de 191,3 décès pour 100 000 habitants*. Un niveau plus élevé que dans de nombreuses régions. De plus, la population y est vieillissante - au 1er janvier 2025, un Breton sur quatre avait au moins 65 ans - et l’accès aux soins particulièrement compliqué dans les zones rurales. La région compte en effet de nombreux déserts médicaux. L'Agence régionale de santé (ARS) a relevé près d'une trentaine de zones prioritaires. Parer aux AVC, infarctus et autres affections cardiaques n’est donc pas anodin ; c’est un enjeu de santé publique et il est au cœur du partenariat scellé entre les pompiers des Côtes-d’Armor (SDIS 22) et notre association, ce 8 juin à Saint-Brieuc. 

Former les secouristes : un gain de temps précieux pour les urgences cardiologiques

Grâce à ce partenariat, les deux organisations vont être dotées de matériel multiparamétrique (85 appareils pour le SDIS et 20 pour la Croix-Rouge française). Un vrai plus pour nos équipiers secouristes lorsqu’ils sont déployés sur des dispositifs prévisionnels de secours. "La mise en place de la transmission de données va permettre de renforcer la chaîne de secours au service de la population, notamment dans les zones reculées", assure le Président de la délégation territoriale des Côtes-d’Armor, Jacques Le Cornec.

Concrètement, les volontaires seront munis de moniteurs multiparamétriques et de tablettes numériques pour collecter tous les paramètres vitaux de la victime et les télétransmettre au Samu directement. Puis, si nécessaire et sur prescription d’un médecin régulateur, réaliser un électrocardiogramme (ECG). Celui-ci effectuera dans la foulée l’interprétation des tracés et pourra orienter aussitôt le patient vers les urgences cardiologiques ou autres services spécialisés. “Ce sera un gain de temps précieux dans la prise en charge des personnes, note Kevin Guihard, directeur territorial de l’Urgence et du Secourisme d'Ille-et-Vilaine, et ça donne encore plus de sens à nos missions de secours, ça ouvre des perspectives”. Pour être opérationnels, nos volontaires et tous nos chefs d’intervention seront formés d’ici la fin de l’année. Pour Kevin, l’objectif c’est d’être prêts pour la Route du Rhum le 20 octobre prochain. 

Françoise Fromageau, la présidente déléguée de Bretagne, résume ainsi  la philosophie de ce projet : “Nous avons une responsabilité sur notre territoire. Le capital confiance dont nous bénéficions auprès de la population nous engage. Et cette coopération avec le SDIS, à l’échelon de notre territoire, répond à des enjeux de santé publique : faire de la prévention et sauver des vies. Chaque maillon de la chaîne de secours compte.”

Le déploiement de ce projet est prévu sur 3 ans. Il a été financé par la région Bretagne et l’Union Européenne grâce aux Fonds européens d’aide aux projets (FEDER) et à notre Fonds de développement des projets (FDP). Désormais, il est porté à l’échelon national par la Direction de l’Urgence et des Opérations, la Direction du Secours et de la Protection et le département des Partenariats Institutionnels. 

*Source: Inserm-CépiDc

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