Savoir quoi faire si un bébé perd connaissance n’est pas inné, mais cela peut tout changer. La meilleure sécurité reste la prévention et la formation : parce qu’un geste appris peut sauver une vie.

Voir son bébé perdre connaissance est une situation extrêmement angoissante pour un parent et peut générer une peur vive. Dans ces moments, il est essentiel de réagir avec rapidité, calme et méthode. Comprendre ce qu’est une perte de connaissance, en connaître les causes et symptômes possibles, et savoir comment agir peut littéralement sauver la vie du nourrisson.

Que faire si mon bébé perd connaissance ? Mes Infos Bébé

Vidéo réalisée par Emeric Boulard pour Mes Infos Bébé. Remerciements à Karine Wagner, bénévole à la Croix-Rouge française et formatrice premiers secours.

Comment savoir si un bébé a perdu connaissance ?

On parle de perte de connaissance lorsqu’une victime ne réagit plus, mais continue de respirer. Chez le nourrisson, la perte de connaissance se traduit par une modification du tonus musculaire : le petit corps devient mou, les bras et les jambes se relâchent complètement, et aucune réaction aux stimulations n’est observée.

Cette situation est une urgence vitale, car le risque de faire un arrêt cardiaque est réel. L’absence de tonus peut entraîner une obstruction des voies respiratoires, notamment par la chute de la langue au fond de la gorge ou l’accumulation de sécrétions, empêchant l’air de circuler normalement.

Quelles sont les causes possibles de la perte de connaissance chez le bébé ?

La perte de connaissance chez le jeune enfant peut avoir plusieurs origines. Dans la majorité des cas, les causes se répartissent en trois catégories :

  • Toxique : ingestion accidentelle de médicaments, plantes, produits ménagers, ou inhalation de fumées toxiques. Les bébés explorent leur environnement avec la bouche, une surveillance constante est donc primordiale.

  • Traumatique : une chute, un choc à la tête ou un accident inopiné peuvent provoquer un traumatisme crânien et provoquer une perte de conscience.

  • Médicale : certaines maladies peuvent entraîner un malaise avec perte de connaissance, notamment lors de fortes fièvres.

Quelle qu’en soit la cause, l’attitude à adopter doit être la même : agir avec rapidité et précision.

Que faire si un bébé perd connaissance ?

Lorsqu’un enfant perd connaissance, chaque seconde compte. Le grand risque est que le bébé fasse un arrêt cardiaque à cause d’un étouffement provoqué par la langue. En effet, la langue, sans tonus, peut tomber au fond de la gorge et bloquer le passage de l’air. Par ailleurs, une accumulation de sécrétions peut se former au niveau de la gorge et, elle aussi, provoquer un étouffement.

Voici les gestes essentiels à réaliser dans l’ordre.

1. Tester la conscience du nourrisson

Avant toute chose, assurez-vous que l'enfant est réellement inconscient. Pour cela, il faut le stimuler :

  • Parlez-lui à l’oreille : appelez-le par son prénom par exemple.

  • Faites du bruit : claquez des doigts ou tapez légèrement dans vos mains.

  • Stimulez-le physiquement : effleurez ses pieds, chatouillez légèrement sa plante ou son torse.

  • Testez le réflexe de préhension : observez s’il serre vos doigts lorsque vous les apposez dans le creux de sa main.

Si, malgré ces stimulations, le bébé ne réagit d’aucune manière, cela signifie qu’il a perdu connaissance. Vous devez alors immédiatement vérifier s’il respire.

2. Tester la respiration du nourrisson

Un nourrisson inconscient a souvent le menton replié vers la poitrine, ce qui gêne le passage de l’air. Il faut libérer ses voies respiratoires car, comme expliqué plus haut, la langue qui a perdu tout son tonus va tomber au fond de la gorge et provoquer un étouffement.

  1. Allongez l'enfant sur une surface plane et stable, sur le dos.

  2. Redressez sa tête pour la placer en position neutre, complètement à l’horizontale et les yeux tournés vers le ciel.

  3. Attrapez son menton entre deux doigts et tirez-le vers le haut pour décoller la langue du fond de la gorge.

  4. Prenez un temps d'observation de 10 secondes maximum pour écouter le bruit de la respiration du bébé, sentir son souffle sur votre joue et regarder si sa poitrine et son abdomen se soulèvent de manière régulière. 10 secondes permettent de voir deux mouvements respiratoires.

Si la respiration est présente, vous êtes face à un bébé inconscient mais qui respire toujours. La situation est grave. Il faut maintenant placer l’enfant dans une position qui lui permettra de continuer de respirer : la position latérale de sécurité (PLS).

3. Mettre le bébé en PLS

La position latérale de sécurité aide à maintenir les voies respiratoires de l'enfant dégagées pour lui permettre de continuer à respirer, tout en le mettant dans une position stable jusqu’à l’arrivée des secours.

Voici comment procéder :

  1. Prenez le nourrisson dans vos bras et placez-le sur le côté, dans une position latérale.

  2. Maintenez sa bouche ouverte en plaçant votre pouce et deux doigts de part et d’autre de sa bouche.

  3. Orientez légèrement sa tête vers le bas pour faciliter l’évacuation d’éventuels liquides.

Cette position doit être maintenue tant que le bébé continue de respirer, en attendant de l’aide des secours et une évaluation médicale.

4. Appeler les secours

Dès que possible, appelez les services d’urgence :

  • 15 pour le SAMU (urgence médicale)

  • 18 pour les pompiers

  • 112 (numéro d’urgence européen)

  • 114 si vous êtes dans une situation nécessitant une communication écrite (personnes sourdes ou malentendantes).

En attendant l’arrivée des secours :

  • Continuez à stimuler l'enfant et rassurez-le.

  • Vérifiez régulièrement qu’il respire encore.

  • Préparez les informations utiles à donner aux secours pour faciliter leur prise en charge : âge de l'enfant, circonstances du malaise, signes annonciateurs, durée de l’inconscience, antécédents personnels, éventuelles prises de médicaments ou chutes récentes et potentiel traumatisme crânien.

Comment éviter la perte de connaissance ?

L’intoxication est l’une des premières causes de perte de connaissance chez un bébé. De nombreux épisodes de perte de conscience chez l'enfant en bas âge peuvent être évités par une prévention attentive au quotidien.

Voici quelques règles simples mais essentielles :

  • Supprimer les sources de danger : rangez les produits ménagers, cosmétiques, traitement médicamenteux ou objets tranchants pour les mettre hors de la portée de l’enfant.

  • Interdire l’accès : installez des bloque-tiroirs et verrouillez les placards contenant des produits dangereux.

  • Surveiller l’enfant en permanence : surtout à partir de l’âge où il se déplace à quatre pattes ou commence à marcher. Ne laissez pas l'enfant seul, même sur une courte durée.

  • Éviter les chutes : ne laissez jamais un enfant sans surveillance sur une table à langer, un canapé ou un lit pour limiter les risques de traumatisme crânien.

Enfin, il est vivement recommandé que les parents ou les personnes qui les gardent apprennent les gestes de premiers secours infantiles . Ces cours permettent de s’exercer aux bons réflexes dans un cadre sécurisé et d’être prêt à agir en cas de besoin pour faciliter le retour à l'état normal de l'enfant.

Pour en savoir plus :

Qu'est-ce qu'un malaise chez l'enfant ?

Un malaise chez l'enfant désigne un ensemble de symptômes survenant de manière brutale et inattendue. Contrairement à une simple perte de connaissance, le malaise englobe diverses manifestations qui peuvent aller d'une simple pâleur soudaine à des modifications du tonus musculaire.

Chez le nourrisson, ces épisodes se traduisent fréquemment par une hypotonie (enfant soudainement très mou) ou une hypertonie (raideur corporelle). La pâleur du visage ou la cyanose (coloration bleuâtre) accompagnent souvent ces troubles du tonus.

Le malaise constitue un motif fréquent de consultation en urgences pédiatriques, particulièrement chez les enfants de moins de 6 mois. Une évaluation médicale est nécessaire, surtout lors du premier épisode, pour écarter toute cause sous-jacente nécessitant une prise en charge spécifique. Bien que la plupart de ces épisodes soient bénins, leur caractère spectaculaire génère une angoisse compréhensible chez les parents.

Qu'est-ce qu'un spasme du sanglot chez le bébé ?

Le spasme du sanglot correspond à un réflexe involontaire survenant après une émotion intense chez l'enfant. Ce phénomène touche environ 5% des nourrissons entre 6 mois et 4 ans, avec un pic vers 2 ans.

Le mécanisme débute toujours par des pleurs intenses déclenchés par la colère, la peur ou une douleur physique. L'enfant retient alors sa respiration de manière incontrôlée, provoquant une chute du rythme cardiaque et une baisse de la pression artérielle.

Deux formes principales existent : la forme bleue (cyanotique) où l'enfant devient bleu, et la forme pâle où il blanchit subitement. Dans les deux cas, une perte de connaissance durant quelques secondes peut survenir, parfois accompagnée de convulsions brèves.

Malgré son aspect impressionnant, ce trouble reste souvent bénin et disparaît spontanément avec l'âge. Le système nerveux autonome de l'enfant se régule progressivement, rendant ces épisodes de plus en plus rares.

Qu'est-ce que la Lipothymie chez l'enfant ?

La lipothymie représente une sensation d'évanouissement imminent sans véritable perte de connaissance. Contrairement aux malaises précédemment décrits, l'enfant conserve sa lucidité et garde le souvenir des événements qui l'entourent pendant l'épisode.

Ce trouble touche principalement les enfants d'âge scolaire et les adolescents, particulièrement les sujets sensibles ou anxieux. Les symptômes caractéristiques incluent une vision trouble, des bourdonnements d'oreille, une pâleur marquée et des sueurs froides.

Les déclencheurs varient selon l'enfant : atmosphère chaude et confinée, émotion forte, station debout prolongée ou lever brusque. Le système nerveux autonome réagit alors par une bradycardie temporaire, réduisant l'apport sanguin au cerveau sans provoquer d'évanouissement complet.

Bien que spectaculaire pour l'entourage, la lipothymie reste généralement sans gravité. Une consultation médicale permettra d'écarter d'autres causes et de rassurer la famille sur la nature bénigne de ces épisodes.

Que faire si mon enfant chute sur la tête ?

Face à une chute sur la tête, votre première réaction doit être d'évaluer l'état de conscience de votre enfant. Parlez-lui calmement et observez ses réactions : pleure-t-il immédiatement ou semble-t-il désorienté ? Un enfant qui pleure rapidement après l'impact présente généralement moins de risques qu'un enfant apathique.

Appliquez immédiatement de la glace enveloppée dans un linge sur la zone touchée pour limiter l'œdème. Surveillez attentivement l'apparition de vomissements, de troubles de la conscience ou de maux de tête persistants dans les 48 heures suivantes. Ces signes peuvent indiquer une complication nécessitant une consultation urgente.

Contactez rapidement un médecin si votre enfant présente une somnolence anormale, des vomissements répétés ou des changements de comportement. Chez les nourrissons de moins de 12 mois, toute chute avec impact crânien justifie un avis médical immédiat, car les signes d'alerte restent plus difficiles à détecter à cet âge.

Formez vous : passer de la théorie à la pratique

En quelques heures, vous pouvez apprendre les gestes qui sauvent.

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