Avec les haïtiens pour se préparer à l'ouragan Tomas

Des volontaires fixent fermement un réservoir d'eau potable au sol pour resister aux rafale de vent à 130 km/h
Publié le 05/11/2010

En soutien de la Croix-Rouge haïtienne et en coordination avec le Mouvement Croix-Rouge, les volontaires de la Croix-Rouge française qui travaillent sur la préparation aux désastres depuis plusieurs mois, sillonnent les 18 camps de Delmas et les quartiers alentours pour que la population se protège. L’inquiétude de la population est palpable, les gens se rappellent les dégâts causés par la dernière tempête en septembre.

Drapeau rouge !
Drapeau rouge !

Sur le camp Maurice Bonnefil de Cité Militaire, 4 drapeaux rouges flottent sur le site qui rassemble près de 6700 personnes. « Nous avons demandé aux comités de vigilance mis en place avec la population il y a quelques mois, de passer en alerte maximum, à l’approche du cyclone Tomas », explique Jameson, volontaire réduction des risques de la Croix-Rouge française. Ce système de signalisation tricolore (vert, jaune, rouge) instauré dans tous les camps et quartiers couverts par la Croix-Rouge haïtienne /Croix-Rouge française, indique le niveau d’alerte aux populations. « Le vert signifie vigilance, le jaune préparation et le rouge alerte maximum et mise à l’abri », explique Maryse, déléguée Préparation aux catastrophes à la Croix-Rouge française. « Les comités de vigilance ont été formés dans les mois précédents et ont diffusé l’information auprès des communautés avec les volontaires Croix-Rouge française, mais il faut vraiment remotiver tout le monde. C’est ce à quoi nous travaillons dans l’attente de Tomas ».

Remobiliser les comités et la population

Depuis mercredi, 9 volontaires Croix-Rouge encadrent les membres des comités de vigilance pour sillonner les camps, mégaphone et sifflets au poing : « Un cyclone arrive, il faut se protéger et se préparer à quitter les tentes !», clament les volontaires. Deux coups courts de sifflet indiquent aussi que l’heure est à l’urgence !

Le comité de vigilance du camp en action
Le comité de vigilance du camp en action


« Je ne sais pas où aller », s’inquiète cette mère de famille. « Vous avez de la famille ou des amis qui ont une maison ? Alors demandez-leur de vous accueillir durant ces heures de tempête. Même si c’est en province, rejoignez-les dès à présent», expliquent les membres du comité. « Nous avons par ailleurs identifié avec les comités de vigilance des endroits comme des églises ou des écoles où les gens pourraient se réfugier », raconte Enock, chef de projet.

Johnny, volontaire à la Croix-Rouge
Johnny, volontaire à la Croix-Rouge


A Bonnefil, 6 comités de vigilance de 5 personnes ont été répartis sur le site. Ces bénévoles de la communauté ont été formés pendant 10 jours à la préparation aux catastrophes : « Avec eux, nous avons d’abord fait une cartographie du site, en évaluant les principaux risques qui planent en cas de tempête, d’inondations. Ici, nous avons identifié une zone particulièrement inondable, des risques d’éboulement de bâtiments alentours qui surplombent cette grande carrière et, bien sûr, le sol qui va sans doute se transformer en boue à causes des fortes pluies », explique Jameson.

Préparation dans les camps - Photos FICR
Préparation dans les camps - Photos FICR


Ces jours-ci, le travail des volontaires a consisté à remobiliser les comités de vigilance afin qu’ils rappellent aux gens les bons comportements à adopter : « Mettez vos documents importants dans ces pochettes plastiques, constituez un stock d’eau et de nourriture, prenez des vêtements, amarrez vos tentes le mieux que vous pouvez ! », clament les volontaires.

« La bonne nouvelle est que Tomas a perdu de la puissance et semble se décaler un peu… Mais les choses évoluent vite et de toutes façons on s’attend à de lourdes inondations qui causeront des dommages dans les camps, c’est sur », constate Maryse qui suit d’heure en heure les évolutions météorologiques.
(Nous apprenons aujourd'hui que Tomas s'est finalement renforcé pour se transformer en ouragan).

Jeudi matin, après avoir parcouru les 18 sites de rassemblement de Delmas, les 9 volontaires de la Croix-Rouge française ont repris le travail cette fois dans les quartiers alentours, sur les places publiques jusqu’en début d’après-midi. A 14h, l’ensemble du staff a l’ordre de rentrer chez soi afin de sécuriser sa famille et se mettre à l’abri.

D’ores et déjà, les équipes de la Croix-Rouge française ainsi que l’ensemble des partenaires du Mouvement se tiennent prêts pour soutenir la Croix-Rouge haïtienne dans la réponse à cette nouvelle urgence.

Protection des réservoirs d’eau et arrimage des latrines

Les équipes eau et assainissement sont sur le pont pour parcourir Delmas et les sites de rassemblement couverts par la Croix-Rouge française. Une mission : protéger les ouvrages d’eau et assainissement. Arrimage ou démontage des réservoirs d’eau, fixation des latrines vidangeables... La consigne aux comités est la suivante : inviter la population à remplir seaux, galons ou tout récipient pour constituer des réserves d’eau puis mettre le matériel à l’abri. Idem pour les futs d’eau chlorée pour le lavage des mains, distribués ces derniers jours.

Amarrage d'un réservoir d'eau potable dans un camp
Amarrage d'un réservoir d'eau potable dans un camp


L’inquiétude de la population est palpable. Les gens se rappellent les dégâts causés par la tempête inopinée du 24 septembre. Certains ont trouvé des amis ou de la famille qui peuvent les accueillir dans une maison valide, d’autres sont sans solution…

Préparation de reserves d'eau potable
Préparation de reserves d'eau potable


Beaucoup demandent si on va remplacer les tentes ou les bâches plastiques : « Dès que possible, nous viendrons évaluer les dégâts et distribuerons des articles de premiers secours, bâches et tentes… La priorité aujourd’hui est que vous mettiez à l’abri», insiste Faouzi, délégué eau.

Laetitia Martin, déléguée information en Haiti