Un centre d'hébergement d'urgence et de réinsertion mères-enfants à Paris

Un centre d'hébergement d'urgence et de réinsertion mères-enfants à Paris
Publié le 06/02/2019

Ce n’est pas un centre d’hébergement d’urgence tout à fait comme les autres. Celui-ci accueille exclusivement des femmes seules sortant de maternité et sans solution de logement, durant la période hivernale.La Région Île-de-France a mis à disposition ses anciens locaux du boulevard des Invalides (Paris VIIème) et a confié la gestion du centre à la Croix-Rouge française. Un sas inespéré pour ces jeunes mamans, mais aussi un tremplin.

Par Géraldine Drot


Elles ont entre 25 et 30 ans. Toutes ont accouché récemment à Paris ou en Seine-Saint-Denis. Orientées par les services intégrés de l’accueil et de l’orientation (SIAO) de ces deux départements, elles ont eu la chance d’être accueillies dans ce nouveau centre d’hébergement d’urgence et de réinsertion ouvert le 17 décembre 2018. En moins de deux semaines, la structure - qui compte 49 lits - affichait complet. Mise en place par le conseil régional d’Ile-de-France et financée par les services de l’Etat, elle est exclusivement dédiée aux femmes seules sortant de la maternité sans solution d’hébergement. La Région en a confié la gestion à la Croix-Rouge française avec qui elle est liée par une convention de partenariat et l’Etat finance. Comme tout centre d’hébergement d’urgence, il fermera ses portes le 31 mars, à la fin de la période hivernale. En attendant, ces mamans en situation de grande précarité sont à l’abri. Mais pas seulement. Elles y trouvent un lieu de répit, accueillant, calme, adapté aux nourrissons et bénéficient d’un accompagnement personnalisé pour tenter de trouver une solution à leurs difficultés.  


Un accompagnement individualisé

Les anciens bureaux ont été convertis en chambres individuelles ou collectives, en sanitaires et en espaces de convivialité où les 22 mamans partagent les repas et des activités avec les enfants. Qui dit public spécifique dit accompagnement spécifique. Deux PMI interviennent au centre ou en consultation, ainsi qu’une puéricultrice et une auxiliaire de puériculture. En outre, quatre travailleurs sociaux – deux référents par maman – encadrés par une cheffe de service et quatre agents d’accueil permettent d’assurer une présence 24/24h. Pour bien comprendre leurs besoins et leur parcours, chacune d’entre elles a des entretiens réguliers avec les travailleurs sociaux. « Chaque situation étant singulière, l’objectif est d’assurer un suivi personnalisé pour apporter les bonnes réponses, affirme Salima Dahmani, la cheffe de service. Ces femmes ont vécu des parcours d’immigration, des problèmes conjugaux ou familiaux, des violences… Il faut du temps et de la confiance pour aborder ces sujets. » 

Le centre suit ainsi deux approches complémentaires, l’une visant un soutien à la parentalité, l’autre un volet d’insertion très fort. « Le diagnostic de départ permet de comprendre la situation et les besoins de la personne, explique Alice Monchambert, directrice adjointe du pôle lutte contre les exclusions du Val-de-Marne, qui gère le projet. La première phase consiste à l’ouverture des droits, notamment en termes d’accès à la santé, et à la domiciliation. Ensuite, il s’agit de définir son projet de vie et de préparer la sortie, que ce soit par une formation, une réinsertion professionnelle, un emploi ou un logement. D’autres auront besoin d’être accompagnées dans leur processus de régularisation (titre de séjour ou demande d’asile) ». L’objectif de l’équipe est de parvenir à trouver des solutions pérennes à chacune de ces femmes avant la date fatidique du 31 mars. « Quatre mois c’est court, reconnait Salima Dahmani, mais l’on peut faire beaucoup de choses ». Les jeunes mères ont également leur propre réseau et se montrent assez autonomes, volontaires, motivées en premier lieu par la nécessité de protéger leur enfant.

Ce dispositif participe pleinement à la démarche Région solidaire dans laquelle la Région Île-de-France est engagée depuis 3 ans, visant à réduire les fractures sociales et territoriales. Dans cette optique, la Grande Cause régionale 2019 sera consacrée au soutien des femmes à la rue.