Liban : indignation du CICR à la suite de frappes meurtrières dans des zones densément peuplées
Publié le 9 avril 2026
« L’ensemble de la population retenait son souffle dans l’attente d’un accord de cessez-le-feu, mais à la place, une vague de frappes meurtrières a plongé le pays dans la panique et le chaos », déclare Agnès Dhur, cheffe de la délégation du CICR au Liban.
« Parmi les personnes qui commençaient à envisager de rentrer chez elles, beaucoup se sont précipitées dans les rues et les hôpitaux, à la recherche de proches disparus ou d’une sécurité qui semble toujours plus illusoire. »
Des armes explosives lourdes à large rayon d’impact se sont abattues sur des zones urbaines densément peuplées, y compris la capitale Beyrouth, sans que des avertissements aient été donnés en temps utile et par des moyens efficaces. Ces frappes menées de jour sur des quartiers très fréquentés ont fait plus d’une centaine de morts et des centaines de blessés, parmi lesquels des femmes, des enfants et des agents de santé. Certaines victimes sont toujours portées disparues ou piégées sous les décombres.
Notre partenaire, la Croix-Rouge libanaise, est en première ligne de la réponse aux besoins. Ses équipes sont immédiatement intervenues pour évacuer les corps et transporter les blessés vers les hôpitaux, malgré des conditions difficiles et des routes bloquées par les débris. La Société nationale est parvenue au prix d’efforts remarquables à déployer une centaine d’ambulances dans tout le pays pour venir en aide aux civils.
Le CICR collabore étroitement avec les autorités locales et la Croix-Rouge libanaise pour soutenir la mission médicale alors que les établissements de santé, débordés, doivent faire face à un afflux de blessés. Nous nous employons à fournir à ces structures du matériel médical d’urgence ainsi que des kits pour le traitement des blessés par arme. Nous acheminons également des fournitures et apportons notre soutien aux services médicaux d’urgence.
Tout accord global concernant la région devra tenir compte de la sécurité, de la protection et de la dignité des civils au Liban. Après plus de cinq semaines d’hostilités, la population a cruellement besoin d’un répit face à la violence.
Le CICR appelle une nouvelle fois instamment toutes les parties à protéger et respecter les civils et les biens de caractère civil lors des opérations militaires.