À l’Isle-Adam, apprendre aux petits et grands à sauver des vies, les pieds dans le sable
Publié le 3 août 2026
“Un jouet se trouve dans l’eau, tu vas le chercher toute seule ?” demande Laurent, bénévole de l’unité locale des Berges de l’Oise, à Jade, 6 ans. “Non, je vais avec papa”, s’exclame la fillette en maillot de bain, sous le regard soulagé de son père. “Et on met des brassards”, ajoute-t-il. Devant eux, Tous à l’eau !, le nouveau jeu de prévention des noyades que nous déployons pour la première fois cette année. Des questions, destinées aux enfants comme aux adultes, rappellent les consignes de sécurité lors de la baignade. “Même si ma fille sait nager, on la surveille tout le temps”, assure Rémy en vacances avec sa famille, rassuré par la présence de bénévoles sur la plage. “Ils font un travail de prévention essentiel, ça peut éviter des catastrophes. Une noyade est vite arrivée, on en entend parler dans l'actualité.” Entre le 1er mai et le 15 juillet 2026, Santé publique France dénombre 925 noyades en France, dont 274 mortelles et la grande majorité en période de canicule.
“Les participants apprennent des choses”
Dans le décor balnéaire de la plage de l’Isle-Adam au bord de l’Oise, plus ancienne et plus grande plage fluviale de France avec ses cabines de bain des années 1920 et son sable fin, huit bénévoles accueillent chaleureusement les familles curieuses de s’initier aux premiers secours. Sourire aux lèvres, Sandrine anime le jeu Catakit. La consigne est simple : préparer un sac d’urgence adapté à chaque foyer pour faire face à une situation de crise.
Responsable locale de la formation, Sandrine est à l’initiative de cette journée. Le premier “Été qui sauve” pour nos bénévoles valdoisiens. “C’est un moment très convivial”, s’exclame-t-elle. “Les participants apprennent des choses. Les parents n’auraient pas forcément pensé aux papiers d’assurance et d’identité, ni à prendre une gourde et des pastilles pour purifier l’eau.” Et les enfants participent volontiers à l’animation, comme Nelya, 11 ans, venue jouer entre deux baignades : “J’ai découvert des objets que je ne connaissais pas comme les bâtons lumineux pour se signaler”.
“Nos conseils vont peut-être sauver des vies”
“Les mains crochetées au milieu du thorax, les épaules au-dessus du mannequin, les bras tendus et les coudes verrouillés. Puis, tu comptes jusqu’à 30 compressions”, explique Shanah, nouvelle recrue au sein de notre équipe, à Enzo, 12 ans, impatient d’essayer. “Pas facile d’appuyer si fort”, remarque le collégien en vacances. La bénévole de 17 ans est souvent secouriste lors des événements festifs. Ce jour-là, elle anime son activité favorite, l’initiation au massage cardiaque. Loin des “postes de secours classiques”, Shanah est heureuse d’échanger avec le public. “Ça faisait longtemps que je voulais faire ça. Là, on peut apprendre aux autres ce qu’on sait. Pour moi qui débute, c’est hyper formateur et gratifiant de savoir que nos conseils vont peut-être sauver des vies”.
Shanah s’est portée volontaire avec sa mère, Isabelle, bénévole aussi depuis une année. Cette dernière observe fièrement sa fille enseigner les gestes de premiers secours aux enfants de passage à la fois curieux et attentifs. Infirmière et ancienne ambulancière, Isabelle a rejoint la Croix-Rouge pour passer du temps en famille : “C’est une chouette aventure à faire avec ma fille. Ça me fait plaisir de la voir dans son élément. Elle est très à l’aise !”
Se faire connaître sur le territoire comme acteur de prévention et de formation
“L’été qui sauve” permet la rencontre entre bénévoles. “C’est l’occasion de rassembler des membres d’unités locales qui ne se connaissent pas forcément ou ne travaillent pas ensemble d'habitude. N’importe quel bénévole peut participer”, s’enthousiasme Jean-Noël, président de l’unité locale des Berges de l’Oise. Pour participer, il suffit d'avoir au moins un formateur présent sur place et quelques bénévoles motivés. Certains jeux de prévention peuvent être animés sans qualification particulière. “On cherche aussi à être visibles par les habitants. Qu’ils nous identifient comme des acteurs de la prévention à-même de délivrer des formations”.
À 10 ans, Natheo, qui masse consciencieusement l’épais torse d’un mannequin, se voit déjà devenir bénévole à la Croix-Rouge. Fanny, médecin dans le secteur, a amené ses enfants à l’atelier dès qu’elle l’a aperçu depuis la plage. Elle résume l’opération en trois mots : “indispensable, ludique et conviviale. Il faut absolument continuer”. L’unité locale des Berges de l’Oise l’a entendue. Trois autres sessions seront organisées d’ici à la fin de l’été, le 8 et 22 août ainsi que le 5 septembre dans les environs de l’Isle-Adam. “On espère donner envie à d’autres unités locales de se lancer”, conclut Sandrine qui enjoint les bénévoles valdoisiens à venir gonfler les rangs.