Accompagnement du handicap au Maroc : L'immersion de Nisrine à Guelmim
Dès la première semaine, son intégration au sein de l’équipe pluridisciplinaire s’est très bien déroulée. Le centre, de grande superficie, accueille environ 120 enfants répartis par tranches d’âge et selon leurs pathologies. Les enfants accompagnés présentent différents types de handicap, notamment :
Troubles du spectre de l’autisme.
Trisomie 21.
Handicaps moteurs ou psychiques.
Surdité et mutisme.
La structure fonctionne comme un institut médico-éducatif (IME) et propose également un accueil de jour, avec un système de transport en bus organisé par le centre et les soignants.
Une équipe pluridisciplinaire complète
L’équipe encadrante est composée d’environ :
30 éducatrices spécialisées (équivalent des AMP en France).
20 auxiliaires de puériculture.
5 infirmières.
2 médecins.
3 kinésithérapeutes.
2 orthophonistes.
2 psychomotriciennes.
2 psychologues.
Cette diversité de professionnels permet un accompagnement global et adapté aux besoins de chaque enfant.
Le quotidien au centre
Au quotidien, Nisrine participait aux soins et aux activités éducatives. Le matin, elle aidait notamment à la toilette de deux enfants non autonomes à l’aide d’un lit douche, puis les encourageait à s’habiller seuls afin de développer leur autonomie. Elle participait ensuite à l’installation des enfants au fauteuil et au petit-déjeuner collectif avec l’équipe, un moment important pour stimuler leur alimentation et leur socialisation. Elle prenait également part à l’organisation d’activités manuelles et éducatives avec les enfants.
Le centre est une structure financée par l’État marocain et soutenue par des bénévoles. Les familles ne paient pas les frais d’accueil. Des professionnels français du secteur médico-social viennent régulièrement apporter leur soutien bénévole et proposer des temps de formation. La structure accueille également deux alternants marocains en formation d’éducateurs psycho-spécialisés.
Observations sur le système local
Au cours de ce stage, Nisrine a également découvert certains aspects du système de prise en charge du handicap au Maroc. Les structures d’accompagnement restent peu nombreuses, notamment pour les jeunes adultes après leur majorité. Dans certaines familles, le handicap peut encore être perçu comme une difficulté sociale, ce qui peut limiter la continuité des apprentissages à domicile.
Bilan et perspectives
Sur le plan professionnel, ce stage a été une expérience très enrichissante et un véritable échange de pratiques. Nisrine a pu partager certaines techniques utilisées en France, comme l’utilisation d’un drap de glisse, et participer à la mise en place d’un projet visant à favoriser la participation des soignants aux repas des enfants.
Très investie dans son stage, elle a choisi de se déconnecter des réseaux sociaux pendant toute la durée de l’expérience afin de rester pleinement concentrée sur le terrain. Elle se rendait parfois au centre même durant ses jours de repos, car elle se sentait attendue et reconnue par les enfants et l’équipe.
Parmi les souvenirs marquants qu’elle retient, elle évoque les enfants qui venaient la saluer le matin en français et ceux qui s’approchaient spontanément pour lui faire un câlin. Cette immersion a été une belle découverte personnelle et professionnelle. Elle a confirmé son souhait de travailler auprès d’enfants en situation de handicap en France. Même si elle ne souhaite pas s’installer au Maroc, Nisrine envisage de revenir ponctuellement comme bénévole pendant ses congés afin de continuer à soutenir cette structure.

Nisrine, Étudiante en soins infirmiers


