Nous avons eu l’opportunité de réaliser un stage de cinq semaines au Vietnam, plus précisément à Biên Hòa, au sein de l’hôpital Dong Nai Thong Nhat. Cette expérience a été particulièrement marquante pour nous, tant sur le plan professionnel que personnel. Déborah et moi avons vécu cette aventure ensemble, ce qui a constitué un véritable soutien face à la découverte d’un environnement totalement différent de celui que nous connaissions.

La communication au-delà des mots

Dès notre arrivée, nous avons été confrontées à un important décalage culturel, notamment dans la communication. La barrière de la langue a constitué une difficulté majeure, car peu de professionnels et de patients parlaient anglais. Nous avons donc dû nous adapter rapidement, en utilisant des outils comme la traduction sur téléphone, mais surtout en développant notre communication non verbale : gestes, regards, expressions du visage. Cela nous a permis de créer du lien avec les patients malgré les obstacles linguistiques.

La place centrale de la famille dans le soin

Nous avons également découvert une organisation du système de soins très différente de celle de la France. Les familles occupent une place centrale dans la prise en charge : elles sont présentes en continu auprès du patient, participent aux soins, apportent les repas et accompagnent leur proche dans ses déplacements. Cette implication nous a interpellées et nous a permis de mieux comprendre l’importance du contexte culturel dans le soin.

Observation et adaptation des pratiques soignantes

Sur le plan des pratiques soignantes, certaines différences nous ont marquées, notamment en termes d’organisation, d’hygiène et de gestion de la douleur. Par exemple, les soins sont souvent réalisés dans des chambres regroupant de nombreux patients, les traitements sont préparés de manière globale et les outils d’évaluation de la douleur sont peu utilisés. Face à ces différences, nous avons adopté une posture professionnelle basée sur l’observation, l’adaptation et, surtout, le non-jugement.

Les patients, quant à eux, expriment peu verbalement leur douleur ou leurs émotions. Cela nous a amenées à développer davantage notre sens de l’observation clinique, en prêtant attention aux signes non verbaux et aux changements de comportement. Nous avons ainsi appris à instaurer une relation de soin autrement, en misant sur la présence, l’écoute et l’attention.

Entre spiritualité et médecine traditionnelle

Par ailleurs, la spiritualité et la médecine traditionnelle occupent une place importante dans le parcours de soin. Elles coexistent avec la médecine occidentale et font pleinement partie de la prise en charge des patients. Cette approche globale nous a permis d’élargir notre vision du soin.

Une force collective et une ouverture sur le monde

Le fait de vivre ce stage ensemble a été une réelle force. Nous avons pu échanger, prendre du recul et nous soutenir face aux situations nouvelles ou déstabilisantes. Cela a renforcé notre capacité d’adaptation ainsi que notre travail en équipe.

Au-delà de l’aspect professionnel, cette expérience a été une véritable ouverture sur le monde. Elle nous a permis de développer notre adaptabilité, notre ouverture culturelle et notre réflexion sur notre posture soignante. Ce stage a renforcé notre envie d’exercer un métier humain, fondé sur l’écoute, le respect des différences et la capacité à s’adapter à chaque patient et à chaque contexte de soin.

Déborah et Laura, étudiantes en soins infirmiers de 3e année. 2023-2026