C'est avec une valise trop lourde et beaucoup d'incertitudes que nous avons atterri à Madagascar. Nous étions quatre étudiantes infirmières, impatientes mais conscientes que ce stage allait nous bousculer, bien au-delà de ce qu'aucun cours ne pouvait nous préparer. Notre stage a eu lieu au CHU JRB d’Antananarivo.

Développer l'art de l'adaptation et de l'observation clinique

Réparties entre les services d'ATUR (accueil, triage, urgences, réanimation), de cardiologie et des urgences pédiatriques, nous avons rapidement été confrontées à une réalité clinique intense. Le triage se faisait avec peu de matériel, dans un flux ininterrompu de patients. Des familles entières mobilisées pour soigner leurs proches, faute de moyens suffisants pour l'établissement. Nous avons dû désapprendre certains réflexes, réapprendre à observer, à prioriser, à faire avec ce qu'on avait.

La richesse des rencontres et des gestes simples

Mais ce qui restera gravé, ce sont les visages. La patiente qui nous serre le bras à la fin d'un soin douloureux, sans un mot juste ce geste pour nous dire merci de lui avoir tenu la main tout au long. Ou cette autre femme, lors de la pose d'une sonde urinaire, pour qui nous avons pris le temps de repositionner les paravents, de créer ce petit espace de dignité dans une salle bondée. Elle nous a remerciées, touchée que l'on ait pensé à la protéger du regard des autres. Des gestes simples qui font la différence.

L'inspiration des professionnels du CHU JRB d'Antananarivo

Les soignants malgaches qui travaillent avec une énergie et une bienveillance remarquables malgré des conditions difficiles et dont la générosité pédagogique nous a énormément appris.

Conclusion : redécouvrir le cœur de notre vocation

Ce stage nous a confrontées à nos limites, mais surtout à l'essentiel du soin : la relation humaine. Nous revenons avec des compétences cliniques renforcées, une capacité d'adaptation aiguisée, et la conviction que la pratique infirmière ne se résume jamais à des gestes techniques. Elle se construit dans l'écoute, la présence, et parfois, dans le simple fait de tenir une main dans un couloir surchargé.

Sarah, Angelica, Yaël, Eva, étudiantes en soins infirmiers de 2e année. (2024-2027)