Ce 15 août marque les 3 mois du déclenchement d’une nouvelle épidémie de la souche Bundibugyo du virus Ebola qui s’est développée au sein de la province d’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo. Le virus a progressivement gagné d’autres provinces, celles du Nord Kivu, du Sud Kivu, de Haut-Uélé et de Tshopo, ce qui alerte les autorités sur l’ampleur de cette nouvelle vague. Alors que le pays déplore plus de 2000 décès, la Croix-Rouge se mobilise pour soigner les malades et contenir la propagation de l’épidémie. Revenons sur le contexte de cette crise.

La République démocratique du Congo (RDC) connaît sa 17è épidémie Ebola depuis l’apparition du virus en 1976, une crise déclarée « urgence de santé publique de portée internationale » par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) le 17 mai dernier. Les pays frontaliers, notamment l’Ouganda, le Burundi et le Rwanda, sont à un niveau d’alerte maximal en raison du haut risque de propagation. 

Cette épidémie intervient alors même que la RDC fait face à une crise humanitaire d'ampleur caractérisée par d’importants déplacements internes de personnes fuyant les conflits armés à l’est du pays. L’accès aux structures de santé et l’endiguement du virus au sein des camps de déplacés sont d’autant plus de défis à relever pour les équipes sur place. La Croix-Rouge française appuie la société nationale de la RDC et la FICR (Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge) qui sont à pied d'œuvre pour intensifier leur réponse à l’urgence. 

Au delà des soins, reconstruire la confiance avec les communautés

Il n’existe pour le moment aucun vaccin homologué ou traitement spécifique à cette souche de la maladie, ce qui rend l’endiguement de l’épidémie particulièrement compliqué. Celle-ci ne repose pas uniquement sur la qualité des services de soin et de détection précoce des malades mais également sur la gestion de la crise de confiance qui sévit au sein des communautés touchées. Dans ce contexte de tension et d’incertitude autour de la maladie, certaines populations peuvent être amenées à refuser les soins ou à exprimer de la méfiance à l’égard des équipes intervenant sur le terrain.

« Lorsque la crainte et certaines croyances se heurtent aux urgences sanitaires, nos bénévoles engagent un dialogue respectueux pour s'adapter aux réalités locales et protéger les populations. Cette démarche de persuasion est d'autant plus vitale qu'il n'existe aujourd'hui ni vaccin ni traitement spécifique contre cette souche du virus Ebola. », Alex Lock, Coordinateur de la Communication en RDC auprès de la FICR.

Ainsi, en parallèle des soins de santé, plusieurs enjeux apparaissent fondamentaux pour contrôler cette épidémie : lutter contre la désinformation, contre la peur et sensibiliser les communautés aux bonnes pratiques permettant d’éviter la propagation du virus.

Mobiliser les volontaires locaux 

La Croix-Rouge de la RDC a rapidement réagi, déployant plus de 700 volontaires issus de ces communautés. Ils s'occupent des inhumations, travaillent sur la détection du virus,   mènent des actions de sensibilisation auprès des communautés afin de lutter contre la désinformation et de répondre aux inquiétudes. Leur travail est essentiel pour renouer le lien avec les professionnels de santé sur place. 

« La force de la Croix-Rouge réside dans son personnel. Nos bénévoles sont issus des communautés au sein desquelles ils agissent. Ils parlent les langues locales, comprennent le contexte culturel et ont déjà tissé des liens avec les responsables et les familles de ces communautés. Cette confiance est essentielle lors d'une épidémie d'Ebola, où la peur, la désinformation et la stigmatisation peuvent empêcher les populations de se faire soigner ou de coopérer avec les équipes d'intervention. », Docteur Aimé Mbonda de la FICR. 

La solidarité Croix-Rouge en action 

Présente en RDC dans le cadre de divers projets, la Croix-Rouge française s’est mobilisée pour offrir une réponse globale à l’urgence avec l’appui du Centre de crise et de soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. En Ituri, épicentre de l’épidémie, des équipes d’intervention d’urgence spécialisées dans la prévention et le contrôle des infections ont été envoyées avec pour mission de limiter la transmission de l'épidémie et de répondre à l’enjeux d’approvisionnement et d’assainissement de l’eau. Dans la province du Sud-Kivu, grâce au soutien du gouvernement britannique, la Croix-Rouge française travaille aux côtés de la Croix-Rouge de la RDC, lui apportant une aide financière afin de freiner la propagation du virus (installation de points de lavage des mains et soutien aux campagnes de sensibilisation des volontaires de la Croix-Rouge).

Dès le déclenchement de la crise, la FICR à lancé un appel d’urgence régional d’un montant de 29,5 millions de francs suisse. Elle a d’ores et déjà mobilisé des équipes de soutien logistique et a envoyé des kits d’inhumation sûre et digne et des sacs mortuaires sur le terrain. En parallèle, la FICR a alloué 3 millions de francs suisse non seulement à la RDC, mais également à l'Ouganda, au Burundi et au Rwanda, afin d’appuyer la réponse d’urgence des pays limitrophes de l’épidémie. 

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