Séisme au Maroc : faire d’une épreuve une force pour mieux se préparer aux catastrophes
Publié le 4 mars 2026
Un séisme vécu comme une onde de choc
23h11, le 8 septembre 2023. Un séisme d’une puissante magnitude ravage l’ouest du Maroc, faisant près de 3000 victimes et blessant près de 5 600 personnes. Cette catastrophe, en plus d’ébranler une population entière, a secoué toute l’organisation humanitaire du Croissant-Rouge marocain. Tariq Doukkali, coordinateur du programme Volontariat et Jeunesse au Croissant-Rouge marocain, se souvient de cette fin de soirée. Un moment de grande surprise et de panique, où les habitants, saisis brutalement par les secousses, se sont précipités dehors pour se mettre en sécurité, beaucoup préférant rester dans la rue par crainte des répliques : « C’était inédit, les gens ne savaient pas comment réagir ». Il nous explique aussi comment un immense élan de solidarité s’est très vite manifesté. Les habitants d’autres régions ont souhaité apporter leur aide matérielle et financière. Très rapidement, l’afflux soudain de ces élans de solidarité spontanée a nécessité une organisation rigoureuse : comment acheminer l’aide matérielle aux populations dans le besoin ? Comment organiser la mobilisation des volontaires sur le terrain ? Comment accueillir les personnes qui se manifestent pour apporter leur aide ? Comment gérer les dons ? Autant de défis logistiques à relever dans un contexte où personne ne s’attendait à un séisme d’une telle ampleur. Malgré cela, les autorités se sont rapidement mobilisées à tous les niveaux pour organiser les secours, coordonner les dons et soutenir les populations touchées.
Une solidarité incroyable
À Taroudant, non loin de l’épicentre du séisme, l’équipe locale s’est organisée à la hâte pour répondre aux besoins des populations sinistrées. Près de 300 bénévoles se sont manifestés pour leur venir en aide. Les volontaires ont rapidement été répartis en plusieurs équipes pour apporter leur soutien à l’hôpital ou bien partir en renfort dans les villages dévastés, faire un inventaire des dégâts et recueillir les besoins. « Certains volontaires restaient presque 48h sans rentrer chez eux, ni dormir », raconte Aïcha Taghmout, officière Engagement communautaire et Redevabilité au Croissant-Rouge de Taroudant. L’aide internationale s’organise aussi rapidement avec, dans un premier temps, un soutien matériel - distribution de tentes, de kits alimentaires, de kits d’hygiène, de couvertures… - puis une aide logistique avec l’arrivée de spécialistes, notamment en eau, pour installer au plus vite des points d’eau potable et des toilettes. Les autorités locales se sont elles aussi pleinement investies à leurs côtés. Une mobilisation impressionnante qui a permis d’aider au total près de 10 000 familles dans 261 villages.
Derrière cette crise, des opportunités
Si cette tragédie a été un électrochoc, elle a néanmoins permis une vraie prise de conscience, un sursaut citoyen. Cette vulnérabilité ressentie face aux catastrophes a poussé une partie de la population marocaine à s’engager et à se former. « Depuis le séisme, l’intérêt pour le bénévolat au Croissant‑Rouge marocain a grandi et cela renforce l’engagement » nous confirme Tariq. Notamment chez les jeunes. À Taroudant, les formations pour devenir bénévole s’enchaînent désormais. Beaucoup veulent rejoindre les rangs du Croissant-Rouge marocain. De leur côté, les volontaires déjà établis sont nettement montés en compétences en se formant en masse au secourisme, au soutien psychosocial, aux différentes approches d’intervention. La résilience et la préparation aux crises sont désormais au cœur de leur engagement. Cette augmentation du volontariat est une véritable richesse. Aïcha l’affirme, emplie d’espoir : « Le trésor du Croissant-Rouge marocain, ce sont ses bénévoles »
La force du Mouvement Croix-Rouge et Croissant-Rouge
En plus d’une aide matérielle immédiate apportée dès les premières heures de la catastrophe, le Croissant-Rouge marocain a pu bénéficier d’une aide durable de la part des autres Croix-Rouge et Croissant-Rouge dans le monde. La phase d'urgence a laissé place à la phase de développement et de pérennisation des actions.
Cette entraide internationale a notamment permis un appui de la Croix-Rouge française sur la thématique des premiers secours ainsi que sur le développement d’un projet de digitalisation du système de gestion des volontaires. « Celui-ci, devrait à terme faciliter l’inscription des volontaires à des missions et améliorer la gestion de leur parcours d’engagement renforçant ainsi leur sentiment d’appartenance au Croissant-Rouge marocain », précise Tariq. Ce partage d’expérience a permis de réduire la vulnérabilité aux catastrophes en se préparant un maximum aux crises futures.
Deux ans et demi après le séisme, le Croissant-Rouge marocain se révèle plus résilient et prêt que jamais !