Centre d’hébergement d’urgence Inès Lyautey réservé aux jeunes femmes

Publié le 15/12/2014
Jacques Toubon, Défenseur des droits et le Professeur Jean-Jacques Eledjam, Président de la Croix-Rouge française, inaugurent  le centre d’hébergement d’urgence Inès Lyautey réservé aux jeunes femmes

Il y a un an, la Croix-Rouge française ouvrait, dans le XIVème arrondissement à Paris, le seul centre d’hébergement d’urgence destiné aux jeunes femmes vivant dans la rue, ouvert toute l’année. Le 15 décembre 2014, Jacques Toubon, Défenseur des droits et le Professeur Jean-Jacques Eledjam, Président de la Croix-Rouge française, inaugureront ce centre baptisé le Centre Inès Lyautey*.

L’Antenne de premier accueil social et d’orientation (APASO) de la Croix-Rouge française accueille désormais toute l’année, au sein du Centre d’hébergement d’urgence baptisé Inès Lyautey, des jeunes femmes âgées de 18 à 25 ans, sans domicile fixe, en errance et vivant dans la rue. En rupture familiale, isolées, sans emploi, sans ressource ni soutien, ces jeunes femmes sont mises à l’abri et accompagnées pour les aider à sortir de l’urgence.

Au total,  40 jeunes femmes (30 toute l’année et 10 places supplémentaires durant l’hiver) ayant fui des violences familiales, un mariage forcé, un réseau de prostitution ou qui sortent des services sociaux à l’enfance, peuvent s’installer dans d’anciennes chambres d’infirmières. Avec un accueil inconditionnel, le centre Inès Lyautey les héberge et répond aux besoins de première nécessité (nourriture, vêtement, hygiène, 1ers soins, repos,…). Il propose aussi un véritable accompagnement socio-éducatif pour leur permettre de se réinsérer et d’accéder à une formation ou à un premier emploi.

Depuis 2008, l’APASO hébergeait 25 jeunes femmes mais uniquement pendant la période hivernale. Accueillies à l’APASO via le 115 ou le Système Intégré d’Accueil et d’Orientation - SIAO urgence, elles restaient en moyenne un mois et demi dans la structure, selon les statistiques hivernales 2012-2013.
Grâce au plan territorial de sortie de l’hiver mis en place début 2013 et au soutien financier de la Direction régionale et interdépartemental de l’hébergement et du logement – Unité de PARIS (DRIHL UT 75), le centre Inès Lyautey désormais ouvert toute l’année, permet ainsi de renforcer et d’améliorer la qualité de l’accueil ainsi que l’accompagnent social de ces jeunes femmes en grande souffrance.

Pour rappel

Selon une étude de l’INSEE publiée en juillet 2013, environ 141.500 personnes, étaient sans domicile début 2012 en France, soit une progression de près de 50% depuis 2001. Le nombre de femmes, de plus en plus nombreuses est inquiétant : elles représentent 2 sans domicile sur 5, soit 38 % du nombre total. Et la précarité touche de plus en plus de femmes jeunes : selon la même étude, parmi les sans domicile, « la proportion de femmes est plus importante lorsqu’elles sont plus jeunes (48 % parmi les 18-29 ans, 31 % parmi les plus de 50 ans) ».
Chaque année, la Croix-Rouge française vient en aide à plus d’un million de personnes en situation de précarité. Elle oriente notamment les personnes sans abri vers des solutions d’hébergement ou de logement adaptées à leurs problématiques individuelles. L’association dispose de plus de 2 200 places dans une soixantaine d’établissements d’hébergement (+ 1000 en hiver). Elle gère 107 établissements ou services, elle compte 210 équipes de samu social intervenant dans 77 départements. La Croix-Rouge française est également en charge du "115" dans 8 départements.

* Inès Lyautey (1862-1953) symbolise  le combat d’une femme d’exception pour les causes défendues par la Croix-Rouge. Pionnière dans plusieurs domaines, elle a en 1900, fait partie de la première promotion d’infirmières du premier dispensaire-école de la Société de secours aux blessés militaires (SSBM, une des trois composantes initiales de la Croix-Rouge français) dans le XIVème arrondissement parisien. Elle rejoint  ensuite la première équipe d’infirmières engagées auprès du service de santé des armées, lors d’une expédition au Maroc en 1907. Un an plus tard, elle intègre la première équipe à intervenir lors d’une catastrophe internationale, en Sicile. Pendant la Première Guerre mondiale, elle s’illustre en tant que surveillante à l’hôpital complémentaire 83 du Val-de-Grâce. Dès 1918, elle organise et supervise au Maroc et à Nancy les actions sanitaires et sociales de la Croix-Rouge, en mettant l’accent sur la protection maternelle et infantile. Elle est également présidente du Comité national de Dames de la SSBM de 1926 à 1939, puis vice-présidente de la Croix-Rouge française, dont elle reste très proche jusqu’à sa disparition.