Irma - 1 an : reconstruire et anticiper pour mieux prévenir

Publié le 05/09/2018

Il y a un an, dans la nuit du 5 au 6 septembre 2017, l’ouragan Irma, d’une violence extrême, ravageait la Caraïbe et notamment Saint-Martin et Saint-Barthélemy, provoquant des dégâts considérables.
Après deux mois d’une mobilisation exceptionnelle pour répondre à l’urgence, la Croix-Rouge a, depuis novembre 2017 déployé ses actions de post-urgence et de reconstruction à Saint-Martin notamment, en s’engageant sur un accompagnement à long terme des populations les plus vulnérables affectées par ces catastrophes, mais aussi sur un renforcement des capacités de ses acteurs territoriaux.

« Sur les décombres d’ouragans dont on aimerait qu’ils aient aussi balayé les maux d’un collectif trop vulnérable, nous avons le devoir de favoriser l’émergence d’une société plus solidaire et plus juste. Alors oui, il faut reconstruire. Certes il nous faut doter ces régions des équipements adaptés aux risques encourus, pour se préparer à de nouveaux défis de cette nature. Mais c’est aussi toute une organisation collective qu’il faut renforcer.» déclarait le Professeur Jean-Jacques Eledjam, Président de la Croix-Rouge française lors de sa venue aux Antilles en novembre 2017.

Au-delà de la reconstruction matérielle, l’ouragan a révélé les vulnérabilités préexistantes et mis en exergue l’impérative nécessité de développer des dispositifs de prévention, de préparation et de gestion des crises dans cette région particulièrement exposée. Une région où actuellement, en pleine saison cyclonique, le risque d’une nouvelle catastrophe reste permanent.

Plusieurs mesures ont ainsi été prises au cours de ces derniers mois afin d’améliorer la coordination entre tous les acteurs concernés, à l’échelon de la Croix-Rouge mais également des pouvoirs publics et de la population.

Ainsi, face à l’ampleur des besoins, liés à la catastrophe mais aussi à une situation sociale et sanitaire dégradée, un accompagnement dans la durée des populations les plus précaires s’avère indispensable. C’est avec cet objectif prioritaire que la Croix-Rouge française a déployé ses actions de post-urgence et poursuit aujourd’hui encore sa mission.

Dans cette perspective, Jean-Christophe Combe, Directeur Général de la Croix-Rouge française se rendra à Saint-Martin à la fin du mois de septembre.

Rappel des actions de la Croix-Rouge française

Accompagner les plus vulnérables dans la durée

•    Les actions de post-urgence

Dès novembre 2017, à la suite d’un travail d’évaluation minutieux des besoins et d’identification des personnes bénéficiaires, deux projets de post-urgence ont été menés : les projets Castor et Ecureuil, aujourd’hui terminés. Ils ont, non seulement permis d’améliorer les conditions de vie des ménages les plus précaires, mais aussi contribué à relancer l’économie locale.
Le projet Castor a permis de fournir des matériaux de base à 500 foyers identifiés dans 6 quartiers particulièrement impactés par Irma afin qu’ils puissent réhabiliter leur habitat par leurs propres moyens. Ce programme a pris la forme de distributions de kits outils, fournis par la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, et de coupons d’achats valables auprès de sept magasins partenaires de l’île. Les familles ont bénéficié de l’appui d’artisans locaux sur les techniques de réhabilitation para-cyclonique.
Le projet Ecureuil visait à aider 1 400 familles à s’approvisionner en biens de première nécessité dans 5 magasins partenaires de l’île via des coupons d’achat.
Une opération similaire a été menée à Saint-Barthélemy pour 23 familles avec 4 magasins partenaires.

•    Répondre à des besoins prioritaires

Un programme d’aide alimentaire d’urgence a été lancé. Cette action s’effectue via des distributions de paniers destinés à 200 familles en situation de précarité économique ou de personnes en errance identifiées en amont par le Samu social de la Croix-Rouge à Saint-Martin ou recommandées par les travailleurs sociaux de structures partenaires. Un dispositif de distribution de coupons d’achat est également envisagé, sur le modèle des projets Castor et Ecureuil qui ont montré leur efficacité.
La reprise de l’association Les Liaisons dangereuses par la Croix-Rouge française vient renforcer la présence de la Croix-Rouge française sur Saint-Martin et compléter les actions pour renforcer les activités médicales, médico-sociales et sanitaires de la délégation territoriale et de ses établissements. De nouveaux dispositifs en faveur des personnes en situation d’errance, d’addiction ou de précarité vont ainsi être mis en place en complément des actions menées par l’Equipe mobile d’intervention sociale (EMIS) et le « Bus Santé pour Tous ».

Préparation et réduction des risques de catastrophes

Depuis un an, la Croix-Rouge française s’emploie à renforcer ses capacités de réponse, tant au niveau national qu’international, sous la coordination de la direction de l’urgence et des opérations (DUO).
La plateforme d’intervention régionale Amérique-Caraïbes (PIRAC) de la Croix-Rouge française a ainsi reconstitué en priorité ses stocks de matériels de première nécessité - abris, sanitaires, eau - pré-positionnés en Guadeloupe, en Martinique et, désormais, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, soit directement sur les zones à risques.

Par ailleurs, dans le cadre de sa coopération avec la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), la PIRAC appuie les sociétés nationales de la zone caribéenne (Antigua et Barbuda, de la Dominique, de Sainte-Lucie, Saint-Vincent et les Grenadines) ayant peu de capacités de réponse face à toute catastrophe naturelle - séisme, inondations, cyclones – en les formant et en les équipant en matériels.

L’autre priorité de la Croix-Rouge française est de développer les formations des bénévoles dans les délégations territoriales, de manière à ce qu’ils soient prêts à intervenir en cas d’urgence. Plusieurs sessions de formation ont déjà eu lieu à Saint-Martin et vont être proposées également aux salariés des établissements qui sont des acteurs de premier plan en cas de catastrophe.

Pour rappel, les actions réalisées pendant la phase d’urgence :

Déjà présente sur place, dès l’annonce de l’ouragan Irma, la Croix-Rouge française a, dès le 4 septembre 2017,  déclenché son dispositif de réponse aux urgences et situations d’exception. Sur le terrain, dans un contexte très difficile, elle s’est déployée pour venir en aide aux populations sinistrées.

Le 5 septembre, un premier binôme de Conseillers Techniques Nationaux Opérationnels (CTNO) est envoyé en Guadeloupe. Parallèlement à Saint-Martin, l’Equipe Mobile d’Intervention Sociale de la Croix-Rouge française part à la rencontre des populations les plus fragiles pour les informer et les sensibiliser à la situation et les orienter vers les abris.

Très rapidement, plus de 400 volontaires métropolitains viennent prêter main forte à 500 bénévoles actifs et salariés de Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Guyane. La « Plateforme d’Intervention Régionale Amérique Caraïbes » (PIRAC) se met en alerte maximum, afin de renforcer, notamment, le soutien logistique indispensable.

La Croix-Rouge française a ainsi assuré la distribution d’eau potable, de vivres et de biens de première nécessité et a mis en place des réservoirs d’eau sanitaire afin de répondre aux besoins les plus urgents. Un accompagnement psychologique et social a été proposé à la population en souffrance.

Grâce aux nombreux dons recueillis et à une mobilisation exceptionnelle de ses bénévoles et salariés, la Croix-Rouge française a été en première ligne aux côtés des services de l’Etat pour agir, répondre et soutenir.
 

Quelques chiffres clés :

  • 410 personnes se sont succédées sur le terrain, dont :
    • plus de 330 bénévoles de 67 départements et territoires d’Outre-mer,
    • 81 salariés ou bénévoles du siège de la Croix-Rouge française, parmi lesquels 38 Equipiers Urgence
    • 133 vacations assurées sur les accueils aéroportuaires à Orly et à Roissy
  • 135 bénévoles engagés à la Cellule d’accueil téléphonique mise en œuvre par le ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères (MEAE), du 8 au 14 septembre
  • 12 réservoirs d’eau installés sur l’île de Saint-Martin, dotés de rampes de distribution d’eau sanitaire
  • Plus de 5 000 personnes accueillies à l’aéroport de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe et plus de 6 000 personnes accueillies à l’aéroport de Saint-Martin
  • A Saint-Martin, 6 points fixes d’information et de distribution d’eau potable, de vivres et de produits de première nécessité (plus de 3 650 kits hygiène, 1 330 kits nettoyage, 568 lampes solaires permettant également de recharger les portables, 8 400 jerricanes, près de 1 700 kits cuisine, 1 360 kits abri et bâches, 2 370 moustiquaires) ont été mis en place, complétés par des équipes mobiles
  • 8 748 personnes accompagnées et soutenues sur les points de distribution ou au cours des maraudes allant à la rencontre des personnes isolées ou à mobilité réduite, dans les quartiers défavorisés
  • Des actions de Rétablissement des Liens Familiaux (RLF) ont été déployées en Guadeloupe, à Saint-Barthélemy et Saint-Martin :
  • mise à disposition de moyens de communication afin de pouvoir informer les proches ;
    • enregistrement de demandes de recherche de personnes portées disparues ;
    • recherche active des personnes portées disparues (croisement de fichiers de personnes, actions de porte à porte, etc.) ;
    • Mise en œuvre d’un site dédié : familylinks.icrc.org/cyclone-irma/fr