Les bons réflexes de l’été

Publié le 03/05/2011

L’été ne rime pas toujours avec soleil, coquillages et crustacées et connaît son lot de petits ou gros bobos. La Croix-Rouge française, acteur incontournable des gestes qui sauvent, propose quelques conseils élémentaires pour agir en cas de noyades, plaies, brûlures, mais aussi de coups de chaleur, piqûres d’insectes ou encore d’animaux marins. Certains de ces conseils sont d’ailleurs présents sur l’Appli qui sauve et le public peut également apprendre certains de ces gestes d’urgence à l’occasion de la Caravane d’été.

L’Appli qui sauve :

Lancée en janvier 2011, l’Appli qui sauve de la Croix-Rouge française est devenue, avec plus de 180 000 téléchargements, une véritable référence en quelques semaines seulement. Accessible à tous et gratuite, l’Appli qui sauve permet d’apprendre les gestes qui sauvent, de se préparer à la catastrophe et de tester ses connaissances. Elle permet également de faire un don à l’association via un paiement sécurisé par CB ou Paypal. (L’Appli qui sauve est disponible sur l’AppStore).

La Caravane d’été de la Croix-Rouge française, le rendez-vous des petits et des grands pour s’initier gratuitement aux gestes qui sauvent :

Cette année, la Croix-Rouge française fêtera la 10ème édition de sa Caravane d’été. A partir du 8 juillet, elle prendra la route pour s’arrêter dans une quinzaine de villes de France et venir à la rencontre des petits et des grands. Au-delà de l’incontournable initiation aux gestes qui sauvent, l’équipe de la Croix-Rouge française proposera bien entendu une initiation à la réduction des risques.

Les bons réflexes pour prévenir et soulager les accidents de l’été :

En cas de coup de chaleur
Le coup de chaleur est le résultat d’une exposition prolongée à la chaleur. Il provoque successivement une surchauffe de la température du corps qui se traduit par une fièvre élevée, une rougeur du visage, des maux de tête, une forte sensation de soif voire des vomissements et des troubles de la conscience.
Le coup de chaleur est une urgence. Il peut provoquer la mort si sa prise en charge n’est pas suffisamment précoce et efficace. L’évolution est le plus souvent favorable mais le coup de chaleur laisse parfois persister des séquelles (crampes, troubles neurologiques). Il existe sous deux formes : classique ou d’exercice.

  • Le coup de chaleur classique
    Il survient en dehors de tout effort, lors d’une vague de chaleur estivale (insolation) ou dans des ambiances anormalement chaudes comme un véhicule fermé laissé en plein soleil ou un appartement insuffisamment aéré. Il touche surtout les âges extrêmes de la vie : jeunes enfants et seniors.
    Afin de limiter les risques, il est nécessaire de boire régulièrement et de se mettre à l’ombre. De plus, l’utilisation d’un ventilateur ou climatiseur est fortement conseillée.
    Pour les jeunes enfants, en particulier les nourrissons, il faut impérativement éviter les expositions au soleil et les endroits clos. S’ils présentent un ou plusieurs des symptômes suivants : pleurs, fatigue et abattements se caractérisant par des yeux cernés, dessèchement de la langue et des lèvres, perte d’élasticité de la peau quand on la pince, troubles de la conscience, il faut impérativement appeler le 15.
  • Le coup de chaleur d’exercice
    Le coup de chaleur d’exercice ou hyperthermie maligne d’effort survient au cours d’un effort musculaire intense ou prolongé comme un entraînement intensif avant une participation à une épreuve sportive par exemple. Pour l’éviter, il est indispensable de s’abstenir de prendre de l’alcool 24 heures auparavant mais aussi les boissons aux propriétés diurétiques (café, thé) 12 heures avant. Pendant l’effort, l’apport régulier de boisson est nécessaire. Les vêtements doivent être adaptés pour une protection de la chaleur. En cas de coup de chaleur d’exercice, voici comment réagir : transporter la personne dans un endroit frais, la découvrir au maximum, l’allonger et la rafraîchir en l’enveloppant dans un drap humide et frais ou en lui appliquant un linge humidifié à l’eau froide sur le visage et le corps.
    Dans tous les cas, et même si l'état de la victime s'améliore rapidement, il est conseillé de consulter un médecin, surtout s'il s'agit d'un enfant.

En cas de noyade
Première cause de mortalité par accident chez les plus jeunes, la noyade engendre la mort d'une centaine d'enfants chaque année. Pour éviter le drame, la prévention est indispensable. L'accès aux piscines et autres points d'eau doit être protégé. En aucun cas, un enfant ne doit rester seul près d'un point d'eau quel qu'il soit. Il est nécessaire de l’équiper de brassards ou d’un maillot flotteur et de ne pas laisser de jouets flottants dans l'eau qui pourraient le tenter.
Si la victime respire mais est inconsciente : il faut libérer les voies aériennes, la tourner sur le côté en position latérale de sécurité (P.L.S) et prévenir les secours d’urgence (15).
Si la victime ne respire plus et ne réagit pas : il est impératif de prévenir les secours d’urgence immédiatement puis s’il existe un défibrillateur automatisé externe à disposition, le récupérer. Commencer par effectuer 30 compressions thoraciques puis 2 insufflations, alterner et continuer la réanimation jusqu’à ce que les secours d’urgence arrivent et la poursuivent ou que la victime reprenne une respiration normale.

En cas de piqûre d’abeille, la guêpe ou le frelon
Pour éviter de se faire piquer, éviter de marcher pieds nus sur l’herbe, de porter des couleurs vives et du parfum ou bien encore de laisser traîner des boissons et des aliments sucrés et de faire des mouvements brusques pour chasser l’insecte.
Leur piqûre plus douloureuse que dangereuse, est représentée par un point rouge au milieu de la zone enflammée. Il suffit le plus souvent, d’appliquer une crème contre les démangeaisons. Pour l’abeille, cependant, faire attention de retirer le dard délicatement avec une pince à épiler préalablement désinfectée.
Si la piqûre est localisée dans la bouche ou l’arrière-gorge, au moindre étouffement ou si la personne présente des signes d’allergie (gonflement, douleurs intenses), il est impératif d’appeler immédiatement les secours (15).

En cas de piqûre d’animaux marins
Avant tout, pour éviter ce type de piqûres, il suffit de porter des sandalettes en plastique sur les rochers et dans les zones à risque et d’éviter de se baigner si la mer est infestée de méduses.

  • L’oursin
    Leurs aiguilles en calcaire ne sont pas venimeuses mais leurs piqures entraînent rougeur, inflammation et peuvent, parfois, se surinfecter et provoquer un abcès. Pour l’éviter, il faut extraire les aiguilles rapidement avec une pince à épiler désinfectée, avec un antiseptique ou de l’alcool à 70° puis nettoyer la plaie à l’eau et au savon puis la désinfecter.
  • La méduse
    Tout autour de son corps, la méduse porte des filaments contenant une substance qui, en contact avec la peau, provoquent des lésions urticantes douloureuses. Ces lésions sont rarement graves sauf chez les personnes allergiques : devant toute apparition de gène respiratoire ou de sensation de malaise il est impératif d’appeler immédiatement le 15.
    Il ne faut surtout pas se gratter mais seulement rincer la plaie avec du vinaigre ou à défaut de l’eau de mer pendant au moins 30 secondes, sans frotter, la recouvrir de sable puis laisser sécher et le retirer à l’aide d’un papier rigide ou d’un carton pour enlever les cellules urticantes. Rincer de nouveau avant d’appliquer un antiseptique. A savoir : les méduses échouées sur la plage, même mortes, conservent leur pouvoir urticant.
  • La vive, la rascasse, la raie
    Souvent cachées dans le sable ou les rochers des plages du sud de la France, le venin qui se trouve sur leurs épines dorsales provoque une douleur très intense pouvant provoquer un malaise. Si possible, plonger la partie du corps piquée dans une eau la plus chaude possible, en faisant attention à ne pas se brûler, pendant au moins 20 minutes ou jusqu'à disparition de la douleur, puis désinfecter, donner du paracétamol pour réduire la douleur et consulter en urgence un médecin.

En cas de morsure de vipère
Pour éviter de se faire mordre, porter des bottes ou des chaussures montantes, ne pas soulever des pierres ou ne pas mettre ses mains dans un tronc d’arbre.
Ce serpent apprécie les lieux secs et ensoleillés mais craint une forte chaleur (>35°C). Si la vipère affectionne les pierres qui restituent la chaleur de la nuit, elle ne dédaigne pas pour autant les lieux humides et il est fréquent que l'on en rencontre au bord des torrents ou des étangs.
La vipère est le seul serpent venimeux connu en France. Leur morsure est rarement mortelle. Elle laisse deux petits points correspondant aux crocs du reptile entourés d’une auréole rouge. Il se peut d’ailleurs que l’on ressente une légère douleur au moment de la morsure sans avoir le temps d’apercevoir la vipère.
En cas de morsure, allonger et rassurer la victime pour éviter que le venin se diffuse dans l’organisme puis prévenir les secours (15) et suivre leurs conseils. Mais si cela se passe dans un endroit isolé, pratiquer un pansement compressif directement sur la morsure et une immobilisation du membre mordu puis transporter la victime sans la faire marcher et la conduire aux urgences.
Il ne faut surtout pas essayer de sucer le venin, d’inciser la plaie, de poser un garrot ou d’injecter du sérum antivenimeux car il peut provoquer des allergies graves.

Pour connaître les bons gestes à effectuer lors d’un accident de l’été, il est bien-sûr conseillé d’apprendre les gestes qui sauvent lors d’une formation prévention et secours civiques de niveau 1 (PSC1) en s’inscrivant sur le site www.croix-rouge.fr ou en appelant la délégation Croix-Rouge française la plus proche de son domicile.