La Caravane de l’exil : regarder les migrations autrement
Publié le 2 octobre 2026
Cet été, avec la Caravane de l’exil, nos bénévoles sont allés à la rencontre des passants et des vacanciers de plusieurs villes du Sud-Ouest et pour la première fois en Espagne ! Objectifs : échanger sur les migrations, écouter et parfois bousculer certaines idées reçues.
Faire de la rencontre un outil de sensibilisation
La Caravane de l’exil est un dispositif itinérant de sensibilisation aux migrations. Sa particularité ? Aller à la rencontre du public et créer la surprise.
Cette approche favorise les échanges spontanés et permet de toucher des personnes qui ne seraient pas nécessairement venues participer à une action de sensibilisation. Petits et grands sont invités à découvrir différents contenus et à participer à des activités conçues pour susciter la curiosité et donner envie d’échanger.
Casques de réalité virtuelle, roue de questions, podcasts, jeux et discussions de rue composent ainsi une véritable boîte à outils pour mieux comprendre les réalités migratoires.
Grâce à la réalité virtuelle, le public peut notamment découvrir deux documentaires immersifs tournés dans des camps de réfugiés en Syrie, ainsi que des témoignages de personnes victimes de la guerre en Ukraine en 2014. Le jeu de la roue des questions permet, quant à lui, de tester ses connaissances sur la migration et de confronter certaines idées reçues aux réalités et aux chiffres.
Mais parfois, il suffit d'une question pour commencer à regarder les choses autrement.
Avec l’activité de « porteur de parole », les bénévoles proposent aux passants une phrase comme point de départ d’une conversation. Il n’y a ni bonne ni mauvaise réponse : chacun est libre de raconter son expérience, ses réflexions ou simplement de partager une première réaction.
« Et si c’était vous ? »
Derrière les débats sur les migrations, il y a des parcours, des histoires et des personnes. La Caravane de l’exil cherche précisément à remettre la rencontre et l’humain au cœur des échanges. Les activités invitent ainsi chacun à se questionner sur des notions universelles : le chez-soi, le départ, l’accueil, l’appartenance ou encore ce que l’on choisit d’emporter lorsque l’on doit tout quitter. Cette démarche repose sur une conviction : mieux comprendre les parcours des autres peut aussi nous aider à mieux comprendre nos propres représentations.
Dans les échanges, nos bénévoles ne cherchent pas à imposer une réponse. Ils créent les conditions du dialogue, avec bienveillance et curiosité. Une manière de faire vivre, dans l’espace public, des valeurs d’humanité, d’accueil, d’ouverture d’esprit et de respect de l’autre.

2026, une première étape en Espagne
Cette sixième édition marque une évolution importante pour la Caravane de l’exil : pour la première fois, le dispositif a franchi les frontières françaises.
En 2026, trois étapes ont été organisées en Catalogne espagnole, à Sabadell, Manresa et Moià, avant que la Caravane ne poursuive sa route dans les Pyrénées-Orientales, puis en Ariège et en Haute-Garonne, notamment à Collioure, Argelès-sur-Mer, Banyuls-sur-Mer, Foix, Saint-Girons et Bagnères-de-Luchon.
Cette ouverture européenne est le fruit d’un projet Erasmus+* mené conjointement par la Croix-Rouge française et Open Cultural Center Spain, organisation basée à Barcelone dédiée à l’intégration et l’inclusion sociale de personnes migrantes ou réfugiées. Ce partenariat permet aux équipes françaises et espagnoles de partager leurs pratiques et de concevoir ensemble de nouvelles activités de sensibilisation, adaptées aux réalités et aux contextes européens.
Faire évoluer les regards, au-delà des frontières
En France comme en Espagne, la Caravane de l’exil poursuit une même ambition : créer des espaces accessibles et conviviaux où chacun peut s’informer, s’interroger et dialoguer sur les migrations.
Le projet ouvre désormais une nouvelle dimension à cette démarche. En faisant voyager les outils, les pratiques et les expériences, il permet aussi de faire voyager les regards.
Parce que comprendre l’autre commence souvent par la volonté de l’écouter, la Caravane de l’exil continuera à prendre la route : pour susciter la curiosité, encourager le dialogue et contribuer, rencontre après rencontre, à une meilleure compréhension des réalités migratoires.
Crédit photos : Hélène Bozzi
*Le projet est cofinancé par l'Union européenne via l'Agence Erasmus+ France / Education formation
Projet cofinancé par l'Union européenne
Quelques chiffres : caravane de l'exil 2026
- 3500 personnes sensibilisées
- 50 bénévoles mobilisés
- 15 jours sur les routes
