Dans les hôpitaux du Caire, les Palestiniens entre souffrance et résilience

Une ambulance du Croissant Rouge palestinien
Publié le 02/02/2009

Depuis le 27 décembre, 830 Palestiniens ont été transportés dans les hôpitaux égyptiens, depuis la bande de Gaza, pour être soignés. A l’hôpital palestinien du Caire, un établissement géré par le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été jusqu’à 70. Si près de la moitié d’entre eux sont aujourd’hui repartis vers Gaza, les blessés les plus graves poursuivent une convalescence douloureuse.

1325 morts et plus 5000 blessés. Le bilan humain des trois semaines d’affrontements dans la bande de Gaza est lourd. Les bombardements, l’artillerie et les combats au sol n’ont épargné personne : ni les enfants (436 morts), ni les femmes (110), ni les personnes âgées (108). D’après le dernier rapport du Croissant-Rouge palestinien (PRCS), entre 80 et 90% des victimes seraient des civils. Des civils touchés aussi en Israël où les tirs de roquettes ont causé la mort de 4 personnes dans le sud du pays.

Blessures multiples

A l’hôpital palestinien du Caire, on s’applique à soigner les victimes du conflit.

« La plupart des patients que nous avons reçu avait des blessures multiples, explique le Dr.Azamé, directeur adjoint de l’établissement, fractures, lésions tissulaires profondes, déchirure de l’abdomen, traumatisme crânien, qui ont nécessité des interventions chirurgicales très lourdes ». Expérimenté, le docteur a pratiqué la médecine de guerre à de nombreuses reprises, durant le conflit israélo-arabe de 1973 et plus récemment durant la première et la seconde Intifada. Pour autant, ce conflit marque pour lui un tournant : « je suis saisi par la gravité des blessures infligées et par le nombre de femmes et d’enfants qui ont été touchés. Auparavant, seuls les hommes valides étaient exposés ».

Sur les 70 blessés, 33 sont aujourd’hui repartis vers Gaza. « Ils font preuve d’un grand courage et d’une résilience impressionnante », souligne le Dr.Azamé pour qui « le soutien qu’ils ont reçu de la population a favorisé le rétablissement. Des femmes au foyer passaient tous les jours avec des plats cuisinés, des volontaires, des étudiants, des travailleurs sont venus par centaines. L’élan de générosité a été incroyable ».

Jérôme Grimaud, délégué Croix-Rouge française