La catastrophe de Tchernobyl, 20 ans après

La catastrophe de Tchernobyl, 20 ans après
Publié le 27/04/2006

Le 26 avril 1986, le monde connaissait le plus grave accident nucléaire de son histoire, faisant des millions de victimes. Depuis 1990, la Croix-Rouge poursuit un programme d’assistance auprès des habitants des régions touchées.

La pire catastrophe nucléaire de l’histoire

Il y a 20 ans, le 26 avril 1986, le monde connaît le plus grave accident nucléaire de l’histoire de l’humanité. Ce matin-là, à 1h23 très précisément, le réacteur n° 4 de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, explose à la suite d’une série de dysfonctionnements techniques et d’erreurs humaines.

L’explosion projette dans l’atmosphère une quantité gigantesque de rejets radioactifs qui se répandent sur la plupart des pays d’Europe, au gré des vents. Dans les pays les plus touchés, la Biélorussie (aujourd’hui Bélarus), la Fédération de Russie et l’Ukraine, ce sont près de sept millions de personnes qui sont alors exposées aux rayons ionisants.

Les enfants, particulièrement vulnérables, ont payé – et continuent de payer aujourd’hui – un lourd tribut, le nombre de cancers de la thyroïde ayant été multiplié par 10 dans les zones affectées, où environ 6 000 cas ont été diagnostiqués chez les enfants de moins de 18 ans ces vingt dernières années.

Intervenir en priorité dans les zones les plus reculées

Depuis 1990, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge poursuit auprès des habitants des zones contaminées un programme d’assistance humanitaire (CHARP) qui a permis d’apporter une aide à plus de trois millions de personnes au total.

tchernobyl2

Dans ce cadre, elle procède à des tests de dépistage du cancer de la thyroïde parmi les communautés rurales et isolées. Pour la Croix-Rouge, c’est une priorité d’opérer dans les régions qui n’ont pas accès à ces services vitaux. Grâce à six laboratoires de diagnostic mobiles, 90 000 examens sont réalisés par an en moyenne dans les trois pays les plus touchés. Entre 1997 et 2006, ceux-ci ont permis de dépister 1 120 cas de cancer suffisamment tôt pour pouvoir les traiter avec succès et sauver ainsi la vie des patients atteints.

Le programme d’assistance intègre également la distribution de composés multivitaminés à quelques 50 000 enfants par an et un précieux soutien psychologique à environ 15 000 personnes souffrant de dépression et d’anxiété.

Pour sa part, la Croix-Rouge française a apporté son aide à la Croix-Rouge du Bélarus de 2001 à 2003, en fournissant chaque année 1 million de tablettes de Lévothyroxine qui ont permis de soigner environ 1 000 enfants atteints de cancer de la thyroïde.

Un avenir incertain malgré l’importance des enjeux

Tous les scientifiques s’accordent pour dire que l’incidence du cancer va poursuivre son ascension au cours des cinq prochaines années et qu’elle représentera longtemps encore un problème de santé majeur dans les zones touchées. Outre l’aspect médical, ce sont également les conséquences physiques, psychologiques et sociales de la catastrophe qui constituent le véritable enjeu pour l’avenir. L’ombre de Tchernobyl continue donc de peser lourdement sur les générations futures.

Malgré cela, la Fédération internationale peine à trouver les ressources financières nécessaires pour maintenir ses actions. L’intérêt des bailleurs de fonds ne cesse de décliner, menaçant ainsi la pérennité du programme.

La Croix-Rouge contribue à sauver chaque jour des vies humaines. Un recul des capacités en matière de dépistage du cancer de la thyroïde dans les régions concernées aurait un impact catastrophique sur les communautés affectées.

La catastrophe vue par les enfants

Dessins d'enfants biélorusses
Dessins d'enfants biélorusses
tchernobyl-dessin3
tchernobyl-dessin2